II. Penser la société de demain

L’anticipation est un terme qui est employé la plupart du temps pour désigner les pensées de la société de demain.

1. Le progrès comme l’eugénisme

L’eugénisme est un terme grec désignant « bien naître », réellement utilisé en 1883 par le britannique Francis Galton essentiellement déterminé afin de parler des méthodes et des pratiques visant à intervenir dans le genre humain afin d’aboutir à un idéal humain. Celui-ci est souvent confondu avec le spencérisme qui désigne une conception libérale de l’évolution des sociétés (ensemble de thèses du philosophe britannique évolutionniste Herbert Spencer 1820-1903).

Notre société actuelle est plus proche du «Meilleur des Mondes» que de «1984». En effet, Aldous Huxley a visé juste.

« Des individus conditionnés auraient l’illusion d’être libres et épanouis, mais seraient en réalité placés dans un système de soumission via une consommation et une distraction excessives »

L’essayiste Neil Postman remarquait déjà, dès 1984, que c’était peut-être Huxley, et non Orwell, qui avait le mieux réussi à anticiper le futur.

«Orwell prévient que nous serons bientôt submergés par une oppression imposée. Mais chez Huxley, il n’y pas besoin de Big Brother pour priver les gens de leur autonomie, et de leur maturité. De la façon dont il le voyait, les gens finiront par aimer d’eux-mêmes leur oppression et adorer les technologies qui annihilent leurs capacités à penser.» disait L’essayiste Neil Postman

Là où Orwell imaginait la censure, Huxley voyait lui des individus inondés de flux et victimes d’un désintérêt général pour l’information.

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Lettre tirée de « More letters of note » écrite par Aldous Huxley

Mais celui qui a le mieux réussi à résumer pourquoi Huxley avait bien anticipé le futur dans lequel nous pourrions vivre, sans pour autant le décrire parfaitement, c’est Huxley lui-même. Dans une lettre, envoyée après la publication de 1984, l’auteur du Meilleur des mondes expliquait son point de vue à George Orwell qui avait été brièvement son élève à Eton.

Nous avons trouvé la lettre originale écrite en anglais la voici, ci-dessous:

Transcript:

Wrightwood. Cal.
21 October, 1949

Dear Mr. Orwell,

It was very kind of you to tell your publishers to send me a copy of your book. It arrived as I was in the midst of a piece of work that required much reading and consulting of references; and since poor sight makes it necessary for me to ration my reading, I had to wait a long time before being able to embark on Nineteen Eighty-Four.

Agreeing with all that the critics have written of it, I need not tell you, yet once more, how fine and how profoundly important the book is. May I speak instead of the thing with which the book deals — the ultimate revolution? The first hints of a philosophy of the ultimate revolution — the revolution which lies beyond politics and economics, and which aims at total subversion of the individual’s psychology and physiology — are to be found in the Marquis de Sade, who regarded himself as the continuator, the consummator, of Robespierre and Babeuf. The philosophy of the ruling minority in Nineteen Eighty-Four is a sadism which has been carried to its logical conclusion by going beyond sex and denying it. Whether in actual fact the policy of the boot-on-the-face can go on indefinitely seems doubtful. My own belief is that the ruling oligarchy will find less arduous and wasteful ways of governing and of satisfying its lust for power, and these ways will resemble those which I described in Brave New World. I have had occasion recently to look into the history of animal magnetism and hypnotism, and have been greatly struck by the way in which, for a hundred and fifty years, the world has refused to take serious cognizance of the discoveries of Mesmer, Braid, Esdaile, and the rest.

Partly because of the prevailing materialism and partly because of prevailing respectability, nineteenth-century philosophers and men of science were not willing to investigate the odder facts of psychology for practical men, such as politicians, soldiers and policemen, to apply in the field of government. Thanks to the voluntary ignorance of our fathers, the advent of the ultimate revolution was delayed for five or six generations. Another lucky accident was Freud’s inability to hypnotize successfully and his consequent disparagement of hypnotism. This delayed the general application of hypnotism to psychiatry for at least forty years. But now psycho-analysis is being combined with hypnosis; and hypnosis has been made easy and indefinitely extensible through the use of barbiturates, which induce a hypnoid and suggestible state in even the most recalcitrant subjects.

Within the next generation I believe that the world’s rulers will discover that infant conditioning and narco-hypnosis are more efficient, as instruments of government, than clubs and prisons, and that the lust for power can be just as completely satisfied by suggesting people into loving their servitude as by flogging and kicking them into obedience. In other words, I feel that the nightmare of Nineteen Eighty-Four is destined to modulate into the nightmare of a world having more resemblance to that which I imagined in Brave New World. The change will be brought about as a result of a felt need for increased efficiency. Meanwhile, of course, there may be a large-scale biological and atomic war — in which case we shall have nightmares of other and scarcely imaginable kinds.

Thank you once again for the book.

Yours sincerely,

Aldous Huxley

 

2. L’Anticipation comme moyen de prévention

L’anticipation a souvent servi pour prévenir la société des dangers ou des bienfaits technologiques, politiques… La prévention a donc pour but de limiter certains risques en alertant sur certains facteurs de ces dangers. Dans notre cas, les auteurs se servent de l’anticipation pour avertir la société des risques à venir. Verne utilise la prévention dans le but d’avertir l’obsession technologique de son époque, Orwell ainsi qu’Huxley, l’utilisent plus à des fins politiques.

Dans le livre de Jules Verne, on peut voir qu’il utilise l’anticipation comme moyen de prévention: effectivement, Verne met en garde la société de l’abandon du français au profit de l’anglais et de l’intérêt de sa société pour les nouvelles technologies. Verne utilise aussi la prévention contre le profit: la société de Jules Verne voue un véritable culte au profit ; on pourrait par exemple  citer  une phrase tirée de son livre :

« Tout le monde s’enrichit, excepté l’esprit humain » (p. 178) qui résume à elle seule la société de Verne.     

Dans cette partie nous avons évoqué les problèmes d’une « future » société et les conséquences de celle-ci ; dans une troisième partie nous évoquerons la littérature comme outil de critique.

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